À quoi ont-ils pensé quand tout est devenu noir ?















Après cinq fausses couches à des intervalles rapprochés, j'utilise la photographie comme un geste cathartique pour ne pas sombrer. Ce travail n'est pas né d'un désir, mais d'un besoin vital. L'approche est très différente des projets réalisés jusqu'à présent, elle est plus intuitive, reptilienne. Le résultat n'est pas déterminant, c'est le geste qui compte. Les sténopés fabriqués à partir d'objets du quotidien, les longs temps d'exposition, la transformation et l'empreinte de la matière organique sont autant de pistes que j'ai approfondies. Je questionne mon rapport à la matérialité, j'explore les accidents possibles, je les cherche. À travers une pratique photographique plus artisanale, je renoue avec la perte de contrôle vécue lors des grossesses interrompues.
After five miscarriages at close intervals, I use photography as a cathartic gesture not to sink. This work is not born of a desire, but of a vital need. The approach is quite different from the projects carried out so far; it is more intuitive, reptilian. The result is not decisive, the gesture matters. Pinhole cameras made from everyday objects, long exposure times, the transformation and the imprint of organic matter, are some of the ways I deepened. I question my relationship to materiality, I explore possible accidents, I look for them. Through a more artisanal photographic practice, I reconnect with the loss of control experienced during stopped pregnancies.







“ L’œuvre de Marie-Pierre Cravedi est une exploration de la perte et du deuil personnel, et il nous a touché·e·s d’une manière très profonde, presque inexplicable. Choisissant de travailler sur un sujet intime extrêmement difficile - ses propres fausses couches -, elle dépeint ses luttes personnelles de manière subtile et intuitive, mais très puissante. Son processus devient sa propre thérapie, son attrait pour les accidents photographiques permet de parler ouvertement de ce sujet avec les spectateur·trice·s, et son approche du médium témoigne d'une tentative de construire un autre type de relation avec elle-même. Cette série est une œuvre envoûtante, qui parvient à exprimer à la fois la fragilité et la force de l’autrice au travers du médium photographique, devenant en quelque sorte une poésie visuelle avec son propre langage, ses métaphores et son symbolisme. ”
Anna Konstantinova
Conservatrice et spécialiste en photographie contemporaine
Membre du jury pour le prix Near 2022
Anna Konstantinova
Conservatrice et spécialiste en photographie contemporaine
Membre du jury pour le prix Near 2022
“ The work of Marie-Pierre Cravedi is an exploration of loss and personal grief, and it touched us in a very deep, almost inexplicable way. Choosing an extremely difficult intimate subject - her own miscarriages - to work with, Cravedi depicts her own struggles in a subtle and intuitive, yet very powerful way. Her process becomes her own therapy, her care for photographic accidents creates a way to talk about this topic openly with the viewer, and her approach to the medium displays an attempt to build a different kind of relationship with her own self. This series is a mesmerising body of work, which manages to express both the fragility and the strength of the author in a photographic way, becoming in some sort a visual poetry with its own language, metaphors and symbolism. ”
Anna Konstantinova
Curator and specialist in contemporary photography
Member of the jury for the Near 2022 Prize
Anna Konstantinova
Curator and specialist in contemporary photography
Member of the jury for the Near 2022 Prize
Lien vers l’article de Lou Tsatsas pour Fish Eye - septembre 2024